Je passe le permis cet après-midi à 13h15. Bon d’accord, c’est ma troisième fois. J’ai un peu galéré avec ça mais maintenant je suis parée et je dois l’avoir. J’ai trouvé un article super intéressant à propos du permis sur ce site. Le voici :

La symbolique du permis de conduire

Le poids des mots

« La simple expression « permis de conduire » renvoie inconsciemment à notre conduite dans notre vie » explique Claude Halmos dans Psychologies Magazine. Que ce soit par rapport à nos parents, mais aussi à l’école. « S’autoriser à avoir un permis de conduire, c’est s’autoriser à conduire seul, sans l’assistance du moniteur, c’est-à-dire, si l’on y réfléchit, à « se conduire » tout seul » poursuit la psychanalyste.

Autant dire qu’il faut avoir une certaine confiance en soi ! Avoir son permis, serait donc un peu comme quitter ses parents mais de manière plus symbolique. On s’autorise à être « nous », à prendre seul nos décisions… et donc aussi à devoir les assumer sans pouvoir rejeter la faute sur un autre ! Pas si simple.

Et, comme si ça ne suffisait pas, le mot « permis » nous ramène évidemment à tout ce qui est « autorisé » et à tout ce qui est « défendu ». Il n’est donc pas très étonnant que certains éprouvent des difficultés face à cette épreuve, comme l’explique Claude Halmos « c’est compliqué de se dire qu’on a le droit d’avoir un « permis » si, quand on était petit, tout était interdit. »

Au niveau du langage, le permis de conduire est déjà lourd de sens. Et il l’est également en pratique, avec ce qu’il met en jeu…

Le rapport au corps et aux autres

Conduire, ça se fait avec ses deux mains, ses deux pieds, ses yeux, ses oreilles, et aussi en fonction des autres. Autant dire que cela nous met face à beaucoup de choses en même temps, comme le confirme Claude Halmos : « l’acte même de conduire met en jeu le corps, la latéralisation (différencier la droite et la gauche), les sens (l’ouïe, le toucher, la vue) ».

Il faut donc être à l’aise avec son corps, l’avoir apprivoisé, être capable de le situer dans l’espace, de synchroniser ses gestes. Cela peut sembler anodin, mais embrayer avec son pied gauche tout en changeant la vitesse de sa main droite, sans oublier de regarder devant soi, ce n’est pas si facile ! Surtout qu’il faut aussi jeter un œil dans le rétroviseur, histoire d’être sûr de ce que fait le conducteur à côté ou derrière vous…

Car sur la route, on est rarement seul, et on est obligé d’en tenir compte…« Conduire c’est aussi le rapport aux autres (la bonne distance avec eux) et à la loi (le code) » ajoute la psychanalyste. Pas toujours facile si dans notre vie, nous avons déjà du mal à nous confronter aux autres ou à nous conformer aux règles.

« Le permis de conduire est une sorte de condensé des problèmes dans la vie ! » conclue Claude Halmos. Mais c’est également un rite de passage…

Le rituel de passage

« Le permis, c’est une étape importante de la vie, une étape de plus dans notre devenir d’adulte, une étape de plus également en terme de responsabilité et de maîtrise de l’environnement. » explique Juliette Lazerges, psychologue-clinicienne.
D’autant qu’en France, l’âge légal du permis est le même que l’âge de la majorité, ce qui en soit est déjà lourd de sens. Avoir son permis, c’est aussi être autonome, être responsable, et donc être adulte ! Ou du moins considéré comme tel.

D’ailleurs, on se rend d’autant plus compte de la symbolique du permis de conduire lorsque l’on ne l’a pas. Que la situation soit choisie ou non, l’auteur de ces lignes peut vous confirmer les regards surpris (au mieux) voire réprobateurs ou méprisants (au pire) des autres lorsque vous ne détenez pas le fameux papier rose…

Le permis de conduire a un vrai poids social, on passe du statut de celui qui est transporté à celui qui transporte. Et pour certains, ne pas avoir son permis de conduire est un handicap ou un signe que vous n’êtes pas encore tout à fait autonome…Entre le symbole et le regard des autres, on comprend pourquoi il est parfois plus difficile mais aussi plus gratifiant d’obtenir son permis que son bac.

Mais rassurez-vous tout de même, presque tout le monde finit par l’avoir : 600 000 permis B sont délivrés chaque année !

Jessica Pierronnet

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